05.29.06
Séance 2 en Amphithéâtre : modérateur, Rémy Knafou (Université Paris 7)
Entre 14h et 15h15 cet après-midi ont été présentés les thèmes suivants : L'ïle et l'imaginaire en ethnologie : à la recherche du rêve perdu ? (Giovanna Iacovazzi, Université de paris IV Sorbonne) ; La stratégie insulaire du Club Méditérranée : une "Polynésie" en miroir (Valérie Perles, Université de Versailles) et Nouvelles du paradis : la Polynésie et la caricature du tourisme (Odile Gannier, Université de Nice)
- Le compte-rendu des étudiants
Après une entrée en matière musicale, l’île nous fut caractérisée comme un royaume inaccessible, un lieu isolé, un espace de l’ailleurs, de liberté, de solitude, de rêve. C’est le terrain de travail idéal de l’anthropologue, de l’ethnologue et de l’ethnomusicologue ainsi qu’un symbole de l’imaginaire. Ces microsociétés sont plus propices à l’étude en raison de leurs phénomènes sociaux moins complexes et elles remettent en question nos modèles culturels. Ulysse, Robinson Crusoé, ont été cités en clin d’œil aux interventions d’ouverture. D’après Lévi-Strauss, le travail est autant une réflexion sur la solitude qu’un travail sur soi qui doit appeler à l’introspection et à l’exploration intime. Les ethnologues ont toujours été fascinés par les îles, notamment celles du Pacifiques, et plus particulièrement Bali, terrain des ethnomusicologues. Les îles sont des destinations rêvées, qui fascinent, bien qu’elles appellent toujours au retour.Du rêve de l’ethnologue à celui du vacancier, il n’y a peut-être qu’un pas… En effet, qu’en est-il du touriste qui part en vacance dans les îles, croyant être au contact direct de la culture et de l’utopie insulaire ? Par exemple en Polynésie, le Club Méditerranée est le vestige d’un territoire préservé de la civilisation polynésienne, un véritable camp retranché de la quotidienneté de l’île. C’est donc une réalité indépendante et coupée du monde, présentant des primitifs dénués d’histoire et bannissant toute activité touristique qui rappellerait la genèse de notre civilisation.
Le tourisme vise à nous empêcher de nous sentir seuls tout en nous laissant imaginer l’être. On nous présente des clichés dont nous croyons pouvoir jouir. La simple répétition du mot paradis peut nous persuader d’y être. Le touriste devient un être lascif qui tente de se couper du monde d’où il vient, au contraire de Robinson qui s’évertue à reproduire la civilisation qui est absente sur son île. Un ethnotourisme serait donc la solution.
Des débats ont suivi…
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